Lutte contre le ruissellement : l’indispensable diagnostic terrain


Pour qu'une action soit pertinente, il est essentiel de réaliser au préalable un diagnostic du parcellaire de son exploitation : nature des sols, réserve utile selon les parcelles, voies de circulation de l’eau, période à risques de transferts…
Exemple avec la SCEA Le Mont située à Marchélepot, dans la Somme.



Caractéristiques de l’exploitation

La SCEA Le Mont est située à Marchélepot, sur le plateau du Santerre dans la Somme.

  • SAU : 191 ha à cheval sur quatre communes.
  • Cultures principales : blé tendre, betterave, pomme de terre, pois de conserve et haricot.
  • Parcellaire : 11 parcelles groupées en 7 ilots.


Étape 1 : connaître ses sols et la circulation de l’eau


  • Sols : terres profondes, limoneuses à limono-argileuses, peu sensibles à l’infiltration vers les nappes, mais très sensibles à la battance (MO faible).
  • Réserve utile : supérieure à 120 mm.
  • Circulation de l’eau : risque d'infiltration majoritaire en automne-hiver, risque de ruissellement majoritaire en printemps-été (sur la parcelle en bordure de cours d'eau).


Étape 2 : évaluer les risques de transferts


  • Programme de protection des cultures : les risques sont dépendants des stades de la culture et des dates d’application des produits phytosanitaires.
  • Calcul de la réserve utile : suivi du remplissage de la réserve utile.
    Statistiquement, deux années sur dix, la réserve utile est remplie à 85% autour du 15 novembre et sa vidange commence autour du 5 mars.
  • Description du paysage : organisation du territoire à l'échelle du bassin versant.


Etape 3 : proposer des solutions applicables


Les solutions proposées doivent prendre en compte tant les risques que les impératifs économiques et agricoles de l’exploitant. L’étude de la situation en présence de l'agriculteur permet ainsi de s’assurer que les solutions de limitation des risques sont pertinentes et applicables.

  • Eviter l’application d’urées sur céréales d'hiver de mi-novembre à début mars.
  • Prévoir un dispositif végétalisé pour limiter le ruissellement, l’érosion et les coulées de boue sur les parcelles les plus pentues.
  • Travailler perpendiculairement à la pente pour limiter la formation de circuits préférentiels.
  • Conserver la matière organique autant que possible.


Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement, conformément aux principes de la protection intégrée, consultez ​http://agriculture.gouv.fr/ecophyto.