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La lutte contre les maladies du bois

La diversité des agents pathogènes responsables des maladies du bois, rend la lutte contre ces maladies très difficile. Après l’arrêt de l’Arsénite de Sodium, en 2001, pour des raisons de toxicité inacceptable, les vignerons se sont retrouvés face à un problème sans solution.

La lutte curative

Les tentatives de lutte préventive proposées aujourd’hui sont peu utilisées car jugées trop lourdes et/ou pas suffisamment efficaces. Les vignerons ont donc cherché des solutions pour limiter la mort des ceps atteints, et ont eu recours à des méthodes curatives :

  • Le curetage : c'est une méthode décrite au début du XXème siècle (qui se pratiquait alors avec un marteau et un ciseau à bois), qui se pratique de plus en plus, avec une petite tronçonneuse. Elle consiste à extraire de la zone touchée l’amadou et à nettoyer le cep des parties infectées par le ou les champignons. A priori efficace pour ralentir la mort des ceps, cette technique est lente et délicate, et ne peut s’appliquer à tous les types de conduite de la vigne.

  • Le recépage : le même objectif peut être obtenu en coupant le cep à un niveau suffisamment bas, sous la zone de nécrose et en appliquant du mastic pour protéger la plaie. On laisse alors se développer un nouveau rameau (sain) qui va en quelques années redonner un pied productif. A priori, cela redonne « une jeunesse » aux pieds, avec les atouts et les contraintes en lien avec leur âge (production nulle à limitée pendant la reconstitution du pied, même risque de contaminations ultérieures, etc.), mais cela apporte une réponse momentanée.
  • Le regreffage : sur cette même coupe, on peut aussi, après l’avoir fendu verticalement, introduire un greffon sain. En 2 ans, on retrouve une partie de la production.

  • Le marcottage : il permet aussi parfois de repartir sur des pieds sains. Il consiste à enterrer un rameau afin de produire un nouveau pied. Mais dans ce cas, la plante régénérée est un pied franc non greffé qui sera sensible au phylloxéra de la vigne. Cette technique est aujourd’hui peu utilisée.

  • La complantation : elle est la technique la plus utilisée aujourd'hui. Les viticulteurs font le choix d’arracher le pied atteint et le remplacer par un jeune plant. Le risque est que le nouveau pourra lui aussi être exposé aux attaques de ces champignons et dans ce cas, il faudra attendre plusieurs années pour retrouver une production.

Les différentes solutions présentées ici ne sont pas entièrement satisfaisantes et ce sont toutes des solutions curatives (donc sur pieds atteints) qui « réparent » le problème mais ne permettent pas de le prévenir.

La lutte prophylactique

Pour limiter le développement des maladies du bois de la vigne, 4 mesures préventives sont proposées aux praticiens :

  • 1/Vérifier la solidité du point de greffe sur les jeunes plants.

  • 2/Ne pas tailler les rameaux trop près du cep.
    En effet, suite à l’apparition de sécateurs pneumatiques ou électriques, la taille a été facilitée et du fait de la capacité accrue à tailler « ras », les écoles de taille ont incité les tailleurs à faire des tailles « propres », qui ont favorisé le développement des maladies du bois.

    Aujourd’hui, on assiste à une prise de conscience qui remet en cause ces tailles et propose de tailler en laissant en place des chicots pour permettre l’existence d’un cône de dessèchement suffisamment important pour empêcher les champignons de s’attaquer au flux de sève.

    Au niveau de la taille, a été remise au goût du jour, une taille pratiquée dans les années 1920 par Poussard dans le vignoble de Cognac, dont le principe est le respect du flux de sève. De plus en plus pratiquée, cette taille améliore la capacité des ceps à moins développer les maladies du bois.

  • 3/Protéger les plaies de taille, pour éviter la contamination par les spores des champignons. Pour l’eutypiose, certains prônent une taille tardive, le plus près possible de la période des pleurs.

  • 4/Sortir du vignoble les pieds arrachés et les brûler rapidement après leur arrachage pour éviter de créer des réservoirs de spores contaminantes.

Les rares solutions proposées aux viticulteurs offrent des réponses qui restent aléatoires et insuffisantes. Par ailleurs, le recours à l’épamprage chimique permet également d’éviter des plaies sur le tronc qui constituent des portes d’entrée aux champignons.

La mobilisation de la recherche

Depuis quelques années et suite à l’arrêt de l’arsénite de sodium en 2001, les organismes de recherche se mobilisent et coordonnent leurs travaux, pour tenter d’enrayer le fléau des maladies du bois.

En parallèle, la filière vitivinicole a déclaré le dépérissement du vignoble comme une priorité nationale et un Plan National Dépérissement du Vignoble a été engagé, avec des moyens conséquents alloués à la recherche : 10,5 millions d’euros sur trois ans (2017-2020).

Les perspectives portent à la fois sur la lutte préventive, avec notamment l’arrivée de nouvelles solutions fongicides, mais aussi avec des innovations dans les pratiques de taille, de gestion du vignoble, et en pépinières, de qualité des plants.

En savoir plus sur les maladies du bois

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