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Convertir le potentiel en rendement


Le rendement du colza s’établit tout au long du cycle de développement de la plante. La phase d’implantation (d’août à décembre) conditionne le nombre de pieds/m². La période de la sortie d’hiver à la récolte détermine à la fois le nombre de siliques/pied, le nombre de grains/silique et le poids de mille grains. L’objectif à ce stade est de faire face aux aléas climatiques, aux ravageurs et maladies pour transformer le potentiel en rendement.

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Comment résussir son implantation ?

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Composition et mise en place du rendement



  • Le nombre de siliques/pied se définit du stade boutons accolés à formation siliques.

    A noter que, 2/3 du rendement se construit sur les ramifications secondaires et tertiaires.

    Pour optimiser ce facteur, les objectifs de la montaison sont alors d’accumuler de la biomasse (dans les feuilles) et de stocker dans les racines (réserves) pour préparer la floraison ;


  • Le nombre de graines/silique se définit à la floraison, un moment clé pour la construction du nombre de grain par silique car 75% des siliques présentes à la récolte ont été formées pendant les 11 premiers jours de la floraison.

    A ce stade, deux objectifs se dégagent, convertir le maximum de fleurs en siliques et obtenir un maximum de grains par siliques


  • Le poids de mille grains est la dernière composante à se mettre en place, du stade formation des siliques à la récolte.

    Les objectifs à ces stades sont de favoriser la photosynthèse et le transfert vers les graines.

    Enfin, il est important de récolter dans les meilleures conditions possibles afin d’éviter les pertes de rendement.

Les principaux risques pour la culture

De la montaison à la formation des siliques

  • Les adventices (consulter notre dossier désherbage) : à ces stades une compétition pour les nutriments et l’eau peut s’installer entre le colza et les éventuelles adventices présentes sur la parcelle. Cette compétition peut nuire au poids de mille grains ;

  • Les ravageurs : entre la montaison et la formation des siliques, le colza peut subir des attaques de ravageurs tels que les charançons ou les méligèthes . Ces derniers provoquent des dégâts, comme l’avortement des boutons floraux, impactant alors le futur nombre de siliques/pied ;

  • Les maladies : le colza est sensible à plusieurs maladies. Une fois installées elles provoquent des dégâts irréversibles, impactant le rendement. Le phoma et le sclérotinia, par exemple, perturbent les flux de sèves ce qui diminue le poids de mille grains. L’oïdium empêche la photosynthèse, et par conséquent la capacité du colza à recevoir le rayonnement ainsi que son efficience à le transformer en biomasse. Le nombre de grains formés et leur remplissage sont alors impactés ;

  • Stress thermique : une température trop élevée à la floraison peut provoquer la chute des boutons floraux et augmente le risque d’échaudage (stoppe la croissance et le remplissage du grain). A l’inverse des températures trop basses, amenant gel, grêle ou neige, peuvent causer une défoliation, de la verse ou un avortement des jeunes siliques, ce qui dans ce cas diminue le nombre de siliques/pied ;

  • Stress hydrique : au stade montaison, le colza est très sensible à la saturation en eau du sol, un excès conduit à l’anoxie racinaire. Une sécheresse au stade remplissage des grains engendre une diminution de la matière sèche des siliques, augmentant le risque d’échaudage et diminuant alors le poids de mille grains ;

  • Disponibilité de l’azote : les 2/3 des besoins de la plante se situent en sortie d’hiver. Une carence impacte le nombre de grain, diminue l’indice foliaire et réduit l’efficience de la conversion du rayonnement en biomasse. Par conséquent, le poids de mille grains diminue.


A la récolte

  • La maturité des siliques : une perte de rendement allant de 1 à 5 quintaux peut être constatée si la récolte du colza a lieu à une maturité des siliques inférieure aux recommandations (siliques trop jeunes, risque qu’elles ne soient pas battues) ou supérieure aux recommandations (siliques trop matures, risque d’égrenage) ;

  • Humidité : idéalement, la récolte est réalisée quand les graines atteignent 9% d’humidité ;

  • Réglages de la moissonneuse batteuse : le colza doit être coupé le plus haut possible afin de limiter la masse végétale passant dans le compartiment de battage. S’équiper d’une extension de coupe permet d’améliorer la répartition de la végétation à l’avant de la machine. La vitesse et la barre de coupe doivent être adaptés.


Les leviers d’actions pour convertir le potentiel en rendement

  • Drainer si besoin afin d’éviter les excès d’eau ;

  • Gérer la fertilisation : vérifier la disponibilité de l’azote en sortie hiver par une estimation des reliquats, fractionner les apports ;

  • Assurer un bon désherbage afin de limiter la compétition entre les adventices et le colza ;

  • Suivre les vols d’insectes à l’aide des cuvettes jaunes et consulter les BSV avant de traiter
    Téléchargez Companion pour consulter et partager les observations de ravageurs ;

  • Surveiller et protéger la culture si besoin, utiliser les bons produits au bon moment : pour sclérotinia traiter au stade G1, pour les autres maladies telles qu’alternaria, oïdium ou mycosphaerella, traiter à l’apparition des symptômes ;

  • Favoriser la pollinisation : placer des ruches au besoin dans la parcelle, traiter au bon moment pour ne pas impacter les abeilles
    Voir notre infographie sur le sujet ;

  • Surveiller le stade de maturité des siliques, récolter quand les graines atteignent 9% d’humidité, adapter la vitesse du chantier et utiliser une barre de coupe avancée.

LE SAVIEZ-VOUS ?


Ce sont des insectes pollinisateurs qui optimisent la fécondation des fleurs, en majorité les abeilles (domestiques ou sauvages). Cette fécondation est nécessaire pour obtenir une meilleure transformation des fleurs en siliques. Le colza peut aussi s’autoféconder, le taux d’autopollinisation varie de 70 à 90% selon les variétés.


Protéger sa culture tout en préservant la tranquillité des abeilles c’est possible !


Se reporter à notre infographie : la protection de la culture du colza et des abeilles

Importance de la variété


La variété implantée a un impact sur chaque étape de l’élaboration du rendement :

  • Le nombre de pied/m² : certaines variétés sont plus vigoureuses et résistent mieux au froid que d’autres, adaptez la variété aux conditions pédoclimatiques de la zone ;

  • Le nombre de siliques/pied : les variétés hybrides produisent plus de ramifications secondaires et tertiaires

  • Le nombre de grains/silique dépend du caractère génétique de la variété choisie ;

  • PMG : certaines variétés ont un PMG plus fort que d’autres ;


[NB : certaines variétés constituent leur rendement sur le nombre de graine (nombre de silique et nombre de graine) et possèdent un faible PMG. Ces dernières sont particulièrement adaptées aux conditions séchantes. D’autres variétés produisent peu de graines mais établissent leur rendement grâce à un fort PMG. Pour ces dernières, il faut éviter de les semer dans des sols séchants qui limiteront le remplissage du grain. Les sols profonds et la pluviométrie adaptée du Nord de la France et du bassin parisien permettent notamment à ces variétés de mieux exprimer leur potentiel.]

  • Récolte : certaines variétés ne perdent pas de grains avant la récolte (égrenage) grâce à des siliques plus résistantes.

Produits pour les professionnels : utilisez les produits phytopharmaceutiques avec précaution. Avant toute utilisation, lisez l'étiquette et les informations concernant le produit.