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« Il existe des marges de manœuvre pour réduire l’usage des herbicides dans les céréales. »

Chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Dijon, Nicolas Munier-Jolain travaille à la réduction des herbicides dans les systèmes céréaliers. Des leviers agronomiques au désherbage de précision, il présente l’éventail des solutions disponibles et esquisse des pistes intéressantes pour l’avenir.

Nicolas Munier-Jolain

L’Inra de Dijon travaille depuis des années sur la maîtrise des adventices dans les systèmes céréaliers. Il cherche notamment à réduire l’usage des herbicides par le développement de solutions alternatives. Il dispose dans ce domaine d’un recul de 17 années d’essais. Il s’appuie aussi sur les données provenant du réseau des fermes Dephy, mis en place dans le cadre du plan Ecophyto. Pour lui, il existe des marges de manœuvre qui permettent de réduire significativement le recours aux herbicides.

Des techniques qui ont fait leurs preuves


Le moyen le plus efficace pour contrôler les populations adventices est de réduire le stock semencier dans les parcelles. Pour cela, l’agriculteur dispose de plusieurs leviers.

  • La rotation : on veillera à diversifier les cultures et les périodes de semis de façon à perturber la levée des adventices.

  • Le labour occasionnel : il permet d’enfouir en profondeur le stock semencier superficiel et d’entraîner le dépérissement des graines à faible durée de vie.

  • Le faux-semis : même si son efficacité est variable selon les années, il peut contribuer à réduire le stock semencier pendant l’interculture.

  • Le désherbage mécanique : à envisager pour le maïs, par exemple, en complément d’un désherbage chimique sur le rang. L’écartement important de l’inter-rang facilite le passage de la bineuse.

  • Le choix de variétés étouffantes : une solution encore peu utilisée par les céréaliers mais évaluée par les instituts techniques.

Attention à la réduction des doses !

La tentation de réduire les doses d’herbicides pour faire des économies existe. Elle est dangereuse dans le contexte actuel, car elle risque de sélectionner des populations résistantes, surtout auprès des agriculteurs qui mobilisent peu les leviers agronomiques.

Des solutions d'avenir


A côté de ces solutions classiques, l’Inra s’intéresse également à des approches moins conventionnelles, qui pourraient à l’avenir élargir l’éventail des pratiques herbicides.

  • La récupération des menues pailles : cette opération qui se déroule au moment de la moisson est utilisée notamment en Australie, avec une bonne efficacité sur les ray-grass. Une limite importante : la technique ne fonctionne que si les graines sont encore sur pied lors de la récolte. Elle dépend donc de l’espèce indésirable.

  • Le désherbage de précision : il se développe avec la mise au point de capteurs localisant les taches d’adventices dans les parcelles, ce qui permet de ne traiter que là où c’est nécessaire.

  • Les blés vivaces : cette veille idée revient périodiquement dans les discussions. Des blés vivaces assureraient plusieurs récoltes par an, ce qui perturberait le cycle des mauvaises herbes. Un projet qui nécessiterait d’importants travaux de sélection variétale.

  • La régulation biologique naturelle : elle est assurée par des prédateurs de graines comme les oiseaux ou les insectes du sol. Des travaux sont en cours pour évaluer sa pertinence.


Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement, conformément aux principes de la protection intégrée, consultez ​http://agriculture.gouv.fr/ecophyto.

 
 
 

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