La France a-t-elle encore besoin de ses agriculteurs ?

Les agriculteurs ne sont plus à un procès près. Le Cercle prospective et l’Isara-Lyon leur en ont intenté un de plus… pour la bonne cause. A travers un procès fictif organisé dans l’intérêt des générations futures, il s’agissait de donner la parole à différents acteurs des filières agricoles et agroalimentaires. Et de trouver des idées pour réconcilier les Français avec leur agriculture.

« Mesdames et Messieurs les jurés, je vous pose la question : pourquoi devrions-nous conserver plus longtemps cette paysannerie franchouillarde, qui détruit nos écosystèmes et produit une alimentation à haut risque pour notre santé ? Nous avons bien réussi à nous débarrasser de notre industrie polluante : pourquoi ne pourrions pas en faire autant de l’agriculture ? » Cette question provocatrice tirée du réquisitoire tonitruant du procureur Rémi Dumery, alias l'agriculteur Dum-Dum, donne la tonalité du Tribunal pour les générations futures, qui s’est tenu, jeudi 13 décembre, à l’Isara-Lyon, à l’initiative du Cercle prospective des filières agricoles et alimentaires et de l’Institut supérieur d'agriculture Rhône-Alpes. A travers un procès fictif, maniant l’humour noir et la parodie, il s’agissait de répondre avec verve à la mise en cause récurrente de l’agriculture française.


Il faut dire qu’en matière d’agribashing (vous avez remarqué, l’expression est désormais reprise par les médias), l’actualité de ces dernières semaines a été plutôt chargée. L’association Génération future a ouvert le bal, fin novembre, en publiant une carte des ventes de pesticides et décerné ses Glyph’Award pour « attirer l’attention sur les départements les plus dépendants à l’usage du glyphosate ». Quelques jours plus tard, le gouvernement lançait une « startup d’Etat » pour sortir du glyphosate d’ici à 2020. En réalité, un site internet censé suivre « en temps réel la dynamique collective de la mise en œuvre de cet engagement » (à ce jour, 10 agriculteurs sortis du glyphosate et 2 qui s’engagent à le faire…). Puis vint le tour de Greenpeace, qui tenta de faire le buzz avec une carte des fermes-usines, avant de se rétracter en invoquant l’incohérence des données provenant du Ministère de la transition écologique. Autant d’opérations de communication douteuses désignant les agriculteurs à la vindicte de l’opinion publique.


Combien de temps encore le monde agricole devra-t-il supporter ces attaques ? Les agriculteurs n’en peuvent plus : ils ne se sentent ni écouté par le gouvernement ni défendus par lui lorsqu’ils sont injustement stigmatisés ?


Pourtant, la France n’a pas à rougir de son agriculture. Pour la troisième année consécutive, elle vient de se voir décerner la palme du système alimentaire le plus durable de la planète, preuve qu’il est possible de concilier productivité et respect de l’environnement. Chez BASF, nous le constatons tous les jours au contact des agriculteurs. Notamment ceux qui sont engagés avec nous dans le programme BiodiversID, visant à développer la biodiversité sur les exploitations. Six ans après son lancement, ce réseau de pionniers engrange les résultats encourageants.


Dans ce contexte, comment réconcilier les Français avec leur agriculture ? Peut-on dialoguer de manière apaisée des enjeux agricoles et alimentaires ? Pour répondre à ces questions, le Cercle prospective des filières agricoles et alimentaires, auquel BASF participe, a mené un travail collectif « pour proposer les termes d’un nouveau débat et engager une réconciliation entre agriculture et société ». Plusieurs initiatives sont nées de ces travaux. D’abord, la publication d’un ouvrage synthétisant la réflexion des acteurs du Cercle prospective. Mais aussi des actions en direction du grand public, des journalistes, des influenceurs du web, des associations ou des acteurs de la « FoodTech ». Le procès fictif organisé dans le cadre du Tribunal pour les générations futures s’inscrivait dans cette volonté de pédagogie et d'ouverture à la société.


Alors, pour reprendre la question posée par le Tribunal pour les générations futures, « la France a-t-elle encore besoin de ses agriculteurs ? » La réponse est évidemment oui. L’agriculture est un atout majeur de notre pays, comme l’a rappelé dans sa plaidoirie l’avocate Anne-Claire Vial, présidente d’Arvalis-Institut du végétal dans la vraie vie, énumérant les domaines de la géopolitique, du commerce extérieur, de l’alimentation, de la santé, de l’environnement, de l’aménagement du territoire, de l’emploi…


Pour notre part, nous en sommes convaincus. C’est pourquoi nous avons choisi de mettre en valeur le métier d’agriculteur à travers une grande campagne de communication « Agriculteur. Ma vie, mon métier, ma fierté ». Elle se décline notamment sous la forme de portraits et de témoignages publiés sur le site Maviedagri.fr, qui permettent aux agriculteurs d’exprimer la passion qu’ils portent à leur métier. Ce mois-ci, écoutez Jean-Pierre, céréalier à Laignes, en Côte-d’Or : il en parle très bien !


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