Tête chercheuse pour la vigne

Après un doctorat en écologie, Chloé Delmas a rencontré professionnellement la vigne et le vin à l’Inra de Bordeaux, où elle vient d’être promue chargée de recherches. Son projet ? Participer à la lutte contre le dépérissement du vignoble. Ce qu’elle fait avec passion et enthousiasme.

« Quand je parle de mes recherches portant sur la vigne, je sens tout de suite un intérêt chez mes interlocuteurs, davantage que lorsque je travaillais sur le rhododendron dans les Pyrénées... C’est ce côté appliqué et proche d’une profession qui me plaît beaucoup. On sent que l’on est utile. » À 32 ans, Chloé Delmas vient d’accéder au poste de chargée de recherches à l’Inra de Bordeaux, après avoir réussi un concours qui offrait seulement neuf places dans toute la France.


Plonger au coeur du végétal


Son projet « Physiopath » a été sélectionné par le Plan national dépérissement avec « les félicitations du jury » pour son approche interdisciplinaire. « Jusqu’à présent, les chercheurs se sont intéressés soit au cortège d’agents pathogènes présents dans le bois, soit à la réponse physiologique de la vigne par rapport à des stress, comme la sécheresse. Notre objectif est de comprendre les interactions entre ces facteurs biotiques et abiotiques », indique la jeune scientifi que, qui va travailler avec une vingtaine de chercheurs de l’Inra, certains spécialistes de la santé de la vigne et d’autres physiologistes des plantes. L’équipe va utiliser les outils les plus innovants pour plonger au coeur du végétal, comme le synchrotron Soleil, en région parisienne, qui peut scanner les vaisseaux de la vigne aux rayons X.


Un métier passionnant et créatif


Un parcours sans fautes pour cette titulaire d’un doctorat, dont la motivation initiale était plutôt tournée vers la biologie et l’écologie des écosystèmes naturels. Ce n’est qu’à son retour à Bordeaux, après des recherches au Canada (sur l’érable), à Toulouse (sur le rhododendron) et en Australie (sur les forêts tropicales) qu’elle va rencontrer la vigne et ses chercheurs. Pourtant, « je suis originaire de Bordeaux, j’ai donc baigné dans ce milieu », explique-t-elle. Et depuis, « j’apprends tous les jours ! ». Ce cursus varié est une chance, qui lui apporte un regard plus général sur la plante. Son job ? Faire émerger des questions de recherche, puis trouver des moyens humains et financiers pour répondre à ces questions, de la manière la plus rigoureuse possible, tout en conservant un regard critique sur ses travaux. Avec un objectif : faire progresser la connaissance. « Même s’il m’arrive encore de donner un coup de main dans les serres ou dans les vignes, mon métier consiste surtout à lire et écrire tous les jours. C’est ce qui est passionnant, très créatif et nous laisse beaucoup de liberté », s’enthousiasme-t-elle.

Question de génération, peut-être, le fait d’être une femme n’a jamais été un frein. Alors qui sait jusqu’où ira Chloé pour la science ?

Extrait de notre magazine "Parlons Vrai, Parlons Vigne" numéro 10, mars 2018.

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