Vendanges 2017 - bilan en région Est : « Un gros impact du gel »

En dehors de la Côte d’Or, les vignobles de l’est de la France n’ont pas été épargnés par les conditions climatiques cette année, avec le gel de fin avril, le temps très sec parfois jusqu’en fin d’été, et les attaques de botrytis avant les vendanges. La pression des autres maladies est restée dans l’ensemble assez faible. Il ne faut pas pour autant relâcher la vigilance en 2018. Des attaques de mildiou mal contrôlées cette année en Bourgogne, sont là pour nous le rappeler. Attention aussi à la montée en puissance des tordeuses. Bilan de l’année 2017 avec Vincent Sagette, Responsable Technique et Réglementaire chez BASF Région Est chez BASF.

Comment s’est déroulée l’année 2017 pour les viticulteurs dans l’Est de la France ?


L’année a surtout été marquée par un épisode de gel plusieurs jours de suite, fin avril, qui a provoqué des dégâts importants et un décalage dans la maturité des grappes à la vendange. 2017 a aussi été marquée par une longue période de sécheresse qui a duré de début mars à la fin juin. Dans le nord-est, la vigne a bénéficié du retour de la pluie plus ou moins prononcé en juillet. Dans le sud-est, par contre, la sécheresse a perduré pendant tout l’été, et fortement pénalisé les rendements.


Avez-vous noté une pression particulière des maladies ?


Le sec en début de saison a empêché le mildiou de se manifester. Le retour d’épisodes pluvieux plus ou moins conséquents selon les vignobles en juillet, a réveillé le mildiou mais sans grands impacts sur la vigne. Seule la Bourgogne qui a reçu localement des pluies de plus de 100 mm dans le secteur du sud de Beaune, a été concernée par l’apparition de symptômes de mildiou sur grappes sous la forme de Rot-brun, fin juillet. L’oïdium est resté assez discret cette année, hormis en juillet, dans quelques secteurs de Côte d’Or, du Mâconnais et du sud Vallée du Rhône, où il est historiquement présent. La pression black-rot est restée très faible cette année, avec quelques symptômes signalés sur feuilles, sans impact sur grappes. La grosse difficulté de l’année en termes de maladies, a été l’apparition fin août début septembre, du botrytis, avec une intensité parfois surprenante. La Côte des Bars et la Vallée de la Marne par exemple, en Champagne, ont été très touchées. L’Alsace a également dû faire face à des foyers de botrytis mais aussi à un développement de pourriture acide. On a aussi noté une pression un peu plus importante que d’habitude des tordeuses, mais qui ont été très bien gérées dans les zones confusées avec les solutions RAK’s. Leur présence a par contre, été très marquée dans certains secteurs, notamment dans l’Aube où historiquement les tordeuses étaient absentes, ou au nord de Lyon. Les conséquences auraient pu être bien plus graves car les perforations tordeuses sont une porte d’entrée au botrytis. On est passé à côté d’une catastrophe dans le Beaujolais.


Quelle était la bonne stratégie pour assurer un contrôle correct des maladies cette année ?


D’un point de vue parasitaire, les maladies ont été dans l’ensemble, bien maîtrisées. Même si la pression est restée assez faible, il fallait être vigilant. Dans des parcelles de Bourgogne où les viticulteurs avaient levé le pied trop tôt, on a vu sur une semaine, des pertes de rendement liées au mildiou, de 50 % à la vendange. L’encadrement de la fleur reste primordial pour préserver le potentiel et globalement, il a été bien réalisé. On a mesuré dans nos essais, qu’une bonne protection de la fleur, début juin, avec des produits robustes comme Resplend, Enervin ou à base de DMM comme Grip Top/Forum Top, a eu un effet sur les contaminations de mildiou liées aux pluies de fin juillet. La tendance est aussi à une réduction du nombre de traitements contre le botrytis. On est passé ces dernières années de 1,5 traitements anti-botrytis en moyenne à 1, cette année. Les fortes attaques de 2017, y sont peut-être liées.


Dans ce contexte compliqué sur le plan climatique, comment se sont déroulées les vendanges ?


Les volumes de récolte dans les zones les plus au sud sont très faibles, pas plus de 50 à 60 % des quantités habituelles. Dans le Beaujolais, ils sont moyens, hors zone de grêles ou de gel. Le Mâconnais s’en sort avec des volumes compris entre 70 et 75 % d’une vendange normale, et la Bourgogne, de 80 à 85 %. La bonne surprise vient cette année de la Côte d’Or, qui contrairement aux autres vignobles, engrange de très bonnes vendanges. Le nord-est a été, quant à lui, impacté par le gel, et notamment la Champagne. En Alsace, la moyenne est décevante, mais cache de grandes hétérogénéités, des demi-vendanges dans la vallée du Rhin et des rendements très corrects dans les secteurs à forte réserve en eau. La qualité est en revanche très bonne dans l’ensemble, et même exceptionnelle en Bourgogne, dans le Mâconnais et dans la Vallée du Rhône proche du millésime de 2015.


Quels seraient vos conseils pour la campagne 2018 ?


Les années se suivent et ne se ressemblent pas. La vigilance s’impose donc dès le début de la saison en 2018, quelles que soient les maladies. J’invite également les viticulteurs à être attentifs au risque tordeuses et botrytis.


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