Vendanges 2017 - bilan en région Sud-Est : « Une année historiquement sèche, des vendanges historiquement faibles »

Le sud-est a surtout souffert cette année du sec et de températures excessives, avec au final, des rendements qui ne sont pas au rendez-vous. Dans ce contexte, les maladies n’ont pas posé de problèmes particuliers aux viticulteurs. Mais attention au mildiou cet automne, il pourrait se développer en fin de saison sur les feuilles, et avoir un impact sur la reconstitution des réserves pour la prochaine campagne. Gilles Le Fur, Ingénieur Technique et Filières Sud-Est, chez BASF Agro nous explique pourquoi.

Quel bilan peut-on tirer de l’année 2017 dans le sud-est de la France ?


2017 restera dans les mémoires pour sa climatologie exceptionnelle. Après un débourrement très précoce, la croissance de la vigne a été ralentie par une période plus fraîche fin avril qui a provoqué des dégâts de gel localisés, dans l’Hérault et l’Aude, ce qui est extrêmement rare dans notre région. Les températures sont ensuite reparties à la hausse, et sont restées à des niveaux très élevées jusqu’à la vendange, avec des pointes au-delà de 40°C, un véritable climat du Maghreb ! Nous avons eu en gros, 20 à 25 mm de pluie fin juin, et c’est tout ! Les vendanges ont démarré avec les Chardonnays dans les tous premiers jours d’août, et se sont terminées vers le 20 septembre, soit deux à trois semaines plus tôt qu’une année normale. Il faisait tellement chaud que les viticulteurs ont dû récolter le vin blanc le soir et la nuit.


Quelles ont été les répercussions de ces conditions climatiques sur le rendement et la quantité ?


Nous venons de vivre une année historiquement sèche, avec des températures historiquement élevées, des vendanges historiquement précoces, et des récoltes historiquement faibles. En blanc, comme en rouge, les pertes de rendement vont de 30 à 40 % par rapport à la moyenne des dernières années. La vendange est par contre, de très bonne qualité, avec un degré en sucre très élevé. On aurait presque pu démarrer les vendanges en juillet. On retrouve aussi de très petites vendanges en Italie et en Espagne. Les viticulteurs espèrent que la faiblesse de la production va entraîner une remontée des prix, ce qui permettrait de compenser les manques de volumes.


Dans ce contexte, comment se sont développées les maladies ?


Compte-tenu des conditions climatiques, l’année a été plutôt calme côté maladies. On a repéré en juillet, çà et là, des foyers de mildiou sur les feuilles du haut, à la faveur des quelques pluies qui sont tombées. La maladie a été sans conséquences sur les grappes à un stade déjà bien avancées à cette période de l’année. L’oïdium a été présent comme d’habitude, mais pas de manière exceptionnelle. Il a été freiné par les températures élevées et le fort ensoleillement. Le black-rot est resté cantonné aux secteurs où il est traditionnellement présent, le sud de l’Ardèche, l’Hérault et le nord du Gard. Les attaques de vers de grappe sont aussi restées globalement dans la moyenne, avec une première génération assez forte, une deuxième assez faible, et une troisième, variable selon les secteurs. La lutte par confusion continue à donner de très bons résultats.


Quels étaient cette année les bons réflexes en matière de protection et comment aborder la prochaine campagne ?


Il fallait malgré tout démarrer les interventions en préventif fin avril début mai, à l’approche de la floraison, pour ne pas rater cette fenêtre de grande sensibilité de la vigne aux maladies. Il fallait ensuite traiter à vue en fonction de la pluviométrie annoncée. Il faut aussi surveiller les contaminations secondaires de mildiou sur le feuillage, cet automne. Une protection cuprique après les vendanges, peut être très judicieuse si les pluies arrivent, pour protéger les feuilles, et ainsi permettre la reconstitution des réserves pour la prochaine campagne. Pour l’oïdium, il sera important comme tous les ans, de commencer la protection tôt, afin de rester dans des protections préventives qui donnent les meilleurs résultats et préservent l’efficacité des molécules. Cette première protection sera réalisée au stade 2/3 feuilles, pour les cépages à drapeaux, les parcelles sensibles ou les parcelles avec dégâts en 2017, et au stade 5/6 feuilles, pour les autres cépages.


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