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« Bilan 2020 : précocité, mildiou, sécheresse et vendanges en retrait »

5 nov. 2020

Pour Philippe Ansiaux, l’année 2020 a été exceptionnelle à bien des points de vue, un débourrement avec deux à trois semaines d’avance, une pression mildiou très précoce et très forte, un été chaud et très sec, et des volumes à la vendange, en baisse de 15 à 20 %. Explications.

Quel bilan tirez-vous de l’année 2020, pour la vigne dans le sud-ouest ?

L’année a vraiment été exceptionnelle par sa précocité. Les vignes ont débourré avec 15 jours à trois semaines d’avance par rapport à d’habitude. Le climat a ensuite été très tôt, très favorable aux maladies. Les viticulteurs ont aussi eu affaire à des épisodes de gel localement, et ponctuellement de grêles. Le temps a ensuite été chaud et très sec. Ce qui s’est traduit par des grains de raisin un peu plus petits que la normale, donc bien aérés, et des vendanges saines mais avec des volumes en baisse de 15 à 20%, notamment en Gironde. Entre temps, l’avance prise par la vigne, s’est estompée et les vendanges se sont déroulées aux dates quasi-habituelles dans la région. Plus tôt, les baies paraissaient mûres mais pas forcément les pépins. Ceux qui ont su attendre, ont obtenu une récolte de belle qualité.

A quelles maladies avez-vous dû surtout faire face cette année ?

Nous avons eu une très grosse pression mildiou cette année. La maladie est arrivée très tôt dans la vigne, dès la mi-avril et les contaminations ont continué avec une grande rapidité car nous avons eu beaucoup de pluies. Le dimanche 10 mai, il est tombé 100 mm d’eau ! Jusqu’au 15 mai, nous avons eu très peu de fenêtres pour intervenir et il était très compliqué de passer dans la vigne avec un pulvérisateur, les sols étaient détrempés. Certains ont vu leur récolte détruite à ce moment-là. A partir du 15 mai, le temps s’est calmé, nous avons encore eu un peu d’eau jusqu’en juin, mais il était plus facile de respecter les cadences de traitements. Le mildiou a ensuite quasiment disparu en juillet et août. L’oïdium a par contre été pratiquement inexistant. Le black-rot est toujours sous-jacent, un peu partout dans la région, mais sans réelles incidences sur la vigne. Début septembre, le botrytis a fait son apparition et on a craint qu’il allait s’installer. Finalement il ne s’est pas développé, et les raisins à la vendange étaient parfaitement sains. Quant aux tordeuses de la grappe , lors de la première génération, on a comptabilisé beaucoup de glomérules qui ont entraîné une deuxième génération importante, mais dans l’ensemble, bien contrôlée par les viticulteurs. La troisième génération a posé peu de problèmes.

Quelles étaient les bonnes stratégies pour la protection de la vigne ?

Une année à très forte pression mildiou dès le début, comme 2020, les produits haut-de-gamme de type Futura® à base de dithianon et de phosphonate de potassium, ou Enervin® à base d’amétoctradine, ont montré toute leur efficacité et leur intérêt. Tout le monde est unanime. Contre les tordeuses de la grappe, la confusion sexuelle à base de Rak® a globalement bien fonctionné. Dans certains secteurs à pression plus forte, un traitement insecticide complémentaire était nécessaire. Ce mode de protection biotechnique nécessite une surveillance des parcelles que certains ont négligée cette année. Il sera important en 2021, d’être vigilant dans toutes les parcelles confusées en cas de pression tordeuses.

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