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Rouille jaune [Puccinia striiformis]

La rouille jaune est une maladie foliaire des céréales due à un champignon, Puccinia striiformis. Elle affecte principalement le blé tendre et le triticale, mais elle peut être également observée sur l’orge ou le blé dur.

Les agents responsables des rouilles sont dits « parasites obligatoires » (syn. biotrophe stricte) puisqu’ils ne peuvent se développer en l’absence de leur plante hôte.

Les populations de rouille appartenant au genre Puccinia se subdivisent en formes spéciales qui ne se distinguent entre elles que par leur aptitude à infecter des espèces différentes. Ainsi, Puccinia striiformis f.sp. (forma specialis) tritici attaque le blé seul tandis que P. striiformis f.sp. hordei est exclusivement pathogène de l’orge.

Par ailleurs, outre ces formes spéciales, les populations de P. striiformis évoluent vers des races complexes contenant un nombre croissant de gènes de virulence. C’est ce qui explique que certaines races ne peuvent contaminer que certaines variétés de plantes.

Symptômes

Les symptômes de la rouille jaune peuvent être observés sur les feuilles, les gaines mais aussi les épis. Ils se caractérisent par la présence de pustules allongées (urédosores), de couleur jaune-orangée, organisées de façon linéaire entre les nervures de la face supérieure des feuilles. Leur disposition particulière en longues lignes parallèles les unes aux autres donnent un aspect trié aux feuilles et c’est cette particularité qui a donné son nom à l’espèce.

L’épidémie débute souvent sur des plantes individuelles, généralement en automne (contamination primaire). Les symptômes apparaissent lentement pendant l'hiver, et ne sont souvent détectés qu’au début du printemps, lorsque de petites zones ou foyers de plantes infectées se détachent visuellement dans les champs. Les conditions optimales de développement de l’agent pathogène font que l’observation de la maladie est plus précoce que celles d’autres rouilles.

Aux premières phases de la maladie, les pustules jaune-orangé de la rouille jaune sont difficiles à distinguer de celles de la rouille brune. Rapidement, l’évolution de leur organisation en lignes jaunes sur les jeunes feuilles permet un diagnostic sans équivoque. A un stade plus avancé de la maladie, les stries finissent par se rejoindre pour finalement occuper la largeur complète du limbe. Les feuilles finissent par se fendiller et s'enrouler aux environs des mois de mai/juin, lorsque le climat est chaud et sec.

Cycle de vie

  • Le champignon passe l’hiver sous forme d’urédospores (syn. urédiospores) sur les repousses de céréales ou les cultures à semis automnal précoce ou de mycélium en dormance. Sous cette dernière forme, moins exposé aux conditions hivernales hostiles, le champignon peut survivre à de très faibles températures (jusqu’à -10°C). Au printemps, lorsque le climat devient frais et humide, le champignon reprend son développement pour initier les contaminations secondaires via la production de nouvelles urédospores. Ces urédospores présentent la caractéristique intéressante d’être regroupées en amas appelés « unités de dissémination ».
  • Des températures comprises entre 10 et 15°C et un taux d’humidité relative voisin de 100 % sont les conditions optimales pour la germination des spores, la pénétration des tubes germinatifs dans l’hôte végétal et la production de nouvelles spores ensuite disséminées par le vent. Le vent va permettre la dispersion des spores à la fois sur de courtes et de longues distances. Parmi les différentes rouilles qui affectent les céréales, la rouille jaune présente une très forte capacité de sporulation.
  • Le champignon est généralement inhibé par les températures supérieures à 20°C, même s’il existe des souches tolérant les fortes températures. Le cycle complet de la maladie, de l’infection à la production de nouvelles spores, peut être achevé en sept jours dans des conditions idéales et se répéter de nombreuses fois en une saison.
  • En fin d'été, de petites stries courtes et de couleur gris foncé peuvent parfois être observées sur la face inférieure des feuilles : ce sont des téleutosores. Chez la rouille jaune, ils sont rares et le plus souvent recouverts par l’épiderme. Les spores qui en sont issues, les téleutospores (syn. téliospores), sont chez les Urédinales les structures de conservation des champignons pendant la saison hivernale. Chez la rouille jaune, spécifiquement, ce type de spores ne semble pas être le moyen privilégié de conservation du champignon puisque nous ne connaissons pas de plantes hôtes secondaires susceptibles de porter les stades de développement suivants, dans le cadre d’un cycle classique de développement des rouilles.

En 2010, une équipe de recherche du Minnesota a démontré que les espèces de Berberis pouvaient servir d’hôtes secondaires à P. striiformis f. sp. tritici. En France, aucun hôte secondaire de la rouille jaune n’étant connu, nous estimons que le champignon se maintien pendant l’hiver essentiellement sur les repousses et les jeunes pousses de blé (cultures à semis automnal précoce) via les urédospores.

Nuisibilité

Les dégâts dus à la rouille jaune peuvent être très importants si la maladie n’est pas contrôlée.

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