Crise agricole : de l'urgence de lever les entraves

Les syndicats agricoles, FNSEA et Coordination rurale, appellent à la mobilisation par une reprise imminente des mouvements de contestation. Ce n’est pas une surprise tant est profonde la crise dans nos campagnes.

Le gouvernement par la voix de la ministre de l’agriculture Annie Genevard a annoncé un certain nombre de mesures qui vont dans le bon sens (soutien à la trésorerie des agriculteurs, exonération des charges sociales sur les saisonniers, instauration d’un contrôle unique par exploitation…). Saluons ces avancées demandées par les syndicats. Mais celles-ci ne les satisfont toujours pas. Le mot d’ordre est maintenu. Que faudrait-il donc pour apaiser les esprits ?

Du côté des productions végétales, 11 filières agricoles (excusez du peu) ont annoncé dans un communiqué : « les premières filières françaises tombent ! ». Elles pointent une même cause : les distorsions de concurrence. Les agriculteurs sont en effet dans l’impossibilité de protéger leurs cultures faute de moyens de lutte. La filière noisette a perdu les deux tiers de sa récolte en raison de deux insectes ravageurs : le balanin et la punaise diabolique. Kiwis, pêches, nectarines, abricots, pommes, laitues, endives, artichauts, fraises, choux, betteraves, pommes de terre… Idem pour les productions de semences de radis, trèfle violet… toutes ces cultures sont menacées. La chute libre est annoncée.

Il est courant de demander l’application de clauses miroirs afin que les mêmes conditions de production s’appliquent entre pays. Mais celles-ci s’avèrent extrêmement complexes à mettre en œuvre à tel point qu’elles ne sont jamais activées et surtout, elles ne résolvent en rien les problèmes de production des agriculteurs.

Alors que faire ? Quelle décision politique pourrait avoir un effet immédiat dans les exploitations ? La ministre de l’agriculture le sait. "Sur les surtranspositions, les phytos, l'ICPE (installations classées pour la protection de l'environnement), l'eau, il faudra y revenir" a-t-elle avancé lors d’une audition au Sénat ce 6 novembre. Fins connaisseurs de l’agriculture, les deux sénateurs Laurent Duplomb et Franck Menonville veulent accélérer et viennent de présenter une proposition de loi pour répondre au mal-être agricole en mettant fin aux « entraves normatives ». Car c’est bien de cela dont nous parlons. Autoriser des solutions de protection des plantes ne coûte absolument rien et changent tout dans la vie d’un exploitant. Absolument tout !

Remettre l’agriculteur au centre des débats et lui apporter des solutions, sans ajouter à la complexité déjà grande de son métier devrait faire consensus. Lui proposer une boîte à outils la plus diversifiée possible également. C’est d’ailleurs en ce sens que les entreprises de notre secteur investissent. Ainsi la Division BASF France Agro poursuit ses efforts pour faire grandir son portefeuille de biosolutions et investit près de 13 % de son budget Recherche et Développement France dans ce domaine. La Division prévoit ainsi 6 lancements de biosolutions d’ici 2030. Pour les viticulteurs, nous leur mettrons à disposition dès la prochaine campagne une nouvelle substance active à effet fongicide que nous proposons déjà aux filières arboricoles et céréales. Les ravages du mildiou et de l’oïdium montrent qu’il est insensé de désarmer. Il en est de même pour le black-rot, maladie dont la recrudescence est de plus en plus forte ces dernières années et qui entraine des pertes de rendement de près de 80% si elle n’est pas gérée correctement.

De la même manière, concernant la lutte contre les effets du changement climatique, nul besoin d’ajouter des contraintes supplémentaires. Il est indispensable de faire en sorte que les producteurs trouvent un bénéfice à cette lutte. Les premiers résultats d’essais que nous avons présentés récemment dans la Marne montrent qu’il est possible de réduire l’empreinte carbone liée à l’épandage des solutions azotées de 12%, de baisser les émissions d’ammoniac dans l’air de 50% tout en augmentant les rendements de 2,1%. Sur ce même sujet, BASF et la coopérative Cérèsia se sont associés pour tester ensemble un programme visant à rémunérer les agriculteurs sur la base des crédits carbone certifiés et générés via la mise en place de pratiques agricoles plus durables. Plus de 500 hectares, répartis entre 12 agriculteurs, sont déjà engagés pour la campagne 2024-2025.

Ce travail en partenariat doit être encouragé pour proposer des solutions simples pour les agriculteurs afin que celles-ci soient adoptées.

Il revient maintenant aux pouvoirs publics de faciliter le travail des producteurs et de soutenir tous les acteurs économiques agricoles. Il n’y a plus qu’à…

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