Agricultural Solutions
Site pour les professionnels de l'agriculture

Mildiou [Peronosporaceae]

Le mildiou de la vigne

Biologie

Le mildiou est une maladie de la vigne provoquée par un champignon (Plasmopara viticola) de la division des oomycètes.


Conservation hivernale

Le mildiou de la vigne se conserve principalement sous forme d’oospores (œufs d’hiver) dans les feuilles tombées au sol. Très résistants, les œufs arrivent à maturité dans le courant du printemps, en fonction de l’importance des pluies tombées entre octobre et janvier. Ensuite, dès que la température devient supérieure à 11°C et en présence d’eau libre, les oospores germent, émettent des zoospores (dotés de flagelles) qui vont contaminer les jeunes organes de la vigne.


Contamination primaire

Un filament est alors émis, pénètre dans la chambre sous-stomatique où il développe des suçoirs à partir desquels se forme le réseau mycélien. Quand le substrat nutritif est épuisé, le champignon émet à la face inférieure des feuilles des conidiophores, portant des conidies. Le temps compris entre la contamination (émission des zoospores) et la sortie des conidiophores est appelé durée d’incubation ou période de latence.


Contamination secondaire

Les conidies se différencient en zoospores et contaminent les organes de la vigne selon le même processus. La vitesse de germination dépend des conditions climatiques qui ont précédé le dépôt de la conidie sur l’organe à contaminer et s’étale entre 1 et 8 heures. Dans la vigne, les cycles se succèdent durant toute la phase végétative. Pendant la saison, les différents stades du cycle sont donc présents simultanément.


Conditions favorables à la contamination de la vigne par le mildiou

La durée d’incubation varie de 4 à 14 jours selon la température, avec un optimum se situant autour de 24 °C. La germination des oospores et le développement du mycélium exigent des températures moyennes supérieures à 11°C et de la pluie.


Symptômes

Sur les feuilles

Sur les jeunes feuilles, la contamination par le mildiou se manifeste par l’apparition de plages décolorées, jaunâtres et d’aspect huileux sur la face supérieure (faciès « taches d’huile »). Elle se poursuit par la formation d’un duvet blanc constitué de conidiophores et de conidies sur la face inférieure de la feuille. Puis le tissu altéré brunit et se dessèche.

Sur les feuilles âgées, l’attaque de mildiou se caractérise par de taches polyédriques jaunes ou brunes délimitées par les nervures (faciès « mosaïque »). Ce symptôme apparaît en fin de saison.


Sur les grappes

Les attaques de mildiou peuvent survenir dès le début de la floraison. La rafle prend alors une couleur brunâtre et se déforme en crosse. Les inflorescences se dessèchent et tombent.

  • Rot gris : les boutons floraux et les jeunes baies se couvrent d’un feutrage blanchâtre.
  • Rot brun : après la nouaison, les baies virent au brun tirant sur le rouge ou le violacé.

Après la véraison, les baies ne sont plus réceptives au mildiou.


Sur les sarments

Les sarments ne sont touchés que les années de forte invasion par le mildiou. Plus ils seront jeunes et tendres, plus ils seront menacés. Les jeunes rameaux se couvrent de lignes blanches (conidiophores). Sur les parties ligneuses, seuls les nœuds sont touchés. L’attaque des sarments a pour effet d’empêcher l’aoûtement (formation de liège), ce qui augmente le risque de gel en cas d’hiver rigoureux.


Nuisibilité

Impact sur le rendement

Le volume de récolte peut être considérablement réduit à la suite des attaques de mildiou [lien] sur inflorescence ou sur grappe : dessèchement et chute des inflorescences ou des jeunes grappes lors d’attaques précoces à la floraison ou de type rot gris. arrêt du développement de grappes ou portions de grappes à la suite d’attaques de type rot brun. A partir de 10% des grappes attaquées, la baisse de rendement devient économiquement significative.


Impact sur la qualité

Des études faites par la chambre d’agriculture de Gironde montrent qu’à partir d’un volume supérieur à 10% de grappes attaquées par le rot brun, les qualités organoleptiques des vins rouges sont altérées. Les dégustateurs constatent notamment :

  • une diminution des notes de « fruits rouges » ;
  • un développement des notes « végétales » ;
  • une plus grande astringence en bouche avec une agressivité accrue des tanins et une perte du « gras ».

Des études sont en cours sur le même sujet pour les vins blancs.


Impact sur la santé du cep

La chute des feuilles en cours de saison entraîne un affaiblissement de la plante : diminution de la vigueur, donc réduction des mises en réserve et mauvais aoûtement des bois, lesquels seront plus sensibles au gel au cours de l’hiver suivant ; sur le long terme, dépérissement pouvant compromettre l’avenir du cep.

Nos principales solutions contre le mildiou de la vigne

Le mildiou du tournesol

Symptômes sur feuilles, tiges et capitules du mildiou

Les attaques précoces de mildiou peuvent provoquer une fonte de semis.

Les contaminations entre le stade 2 et 4 feuilles du tournesol se traduisent par un nanisme des plantes très caractéristique de la maladie.

Les attaques plus tardives n’entraînent le nanisme que de la partie de la plante qui se développe après la contamination. Les feuilles présentent des taches chlorotiques de taille plus ou moins importantes avec un feutrage blanc sur leur face inférieure. Les plantes touchées peuvent conserver une taille et un aspect normaux, mais le rendement est pénalisé.


La résistance variétale contournée du mildiou

Si jusqu’au début des années 2000 nous avions l’habitude de disposer en France de variétés de tournesol résistantes à toutes les races de mildiou, six nouvelles races de mildiou ont fait leur apparition en 2003 et 2004, sans que nous ne puissions bénéficier de réponses génétiques.

Compte tenu de l’apparition régulière de nouvelles races ces dernières années, nous ne pouvons plus compter aujourd’hui uniquement sur la résistance des variétés pour se prémunir contre la maladie. En effet, aucune variété n'est capable d’apporter une solution totale et définitive contre le mildiou.


Moyens de lutte

Outre la résistance variétale, le choix des pratiques agronomiques est également très important pour réduire le risque du mildiou. Parmi celles-ci :

  • Eviter de semer avant une période annoncée de forte pluie ;
  • Soigner la préparation du sol ;
  • Allonger les rotations ;
  • Détruire dès qu’elles apparaissent les repousses de tournesol ;
  • Soigner le désherbage.

Il est également interdit de cultiver deux années de suite du tournesol dans une même parcelle. De même toute parcelle présentant plus de 30% de plantes touchées par le mildiou doit être déclarée à l’administration et ne pourra plus être implantée en tournesol pendant trois ans.

Le mildiou de la pomme de terre

Le mildiou de la pomme de terre est une maladie redoutable. Elle est provoquée par le champignon Phytophtora infestans. Le moindre écart dans la protection peut entraîner en quelques jours des chutes de rendement considérables, voire une destruction complète de la parcelle.


Symptômes

Feuilles :

Le mildiou se reconnaît aux larges taches brunes huileuses auréolées de vert pâle à la face supérieure des feuilles et au duvet blanc sur leur face inférieure. Ces taches se dessèchent ensuite en leur centre.


Pétioles et tiges :

La maladie se manifeste sur les pétioles et les tiges par des taches brunes à différents niveaux qui peuvent entraîner la destruction des jeunes plants ou la cassure des tiges des plantes adultes.


Tubercules :

Des taches brunes apparaissent sur l'épiderme des tubercules, et des zones marbrées de couleur rouille et fibreuses, à l’intérieur, sous la forme d’une pourriture sèche. Ces attaques sont la porte d’entrée à d’autres champignons ou bactéries qui entraînent une pourriture humide des tubercules dans le sol ou en cours de stockage.

La maladie apparaît par foyers isolés, puis s’étend avec une extrême rapidité à l’ensemble de la parcelle.


Facteurs favorables

Conditions climatiques :

Le mildiou est favorisé par la succession de périodes de forte hygrométrie (supérieure à 90%) et assez chaudes (comprises entre 10°C et 25°C). Les journées à caractère orageux sont très propices au développement de la maladie.


Transmission :

Les oospores se conservent dans le sol sur les débris de pommes de terre ou les tubercules malades qui en germant, donnent naissance à des pousses contaminées. La maladie se transmet ensuite aux autres plantes par le vent, parfois sur de très longues distances.


Nuisibilité : des pertes importantes

Le mildiou peut entraîner des pertes de rendement considérables pouvant aller jusqu’à 70 ou 80% de la récolte, voire dans certains cas la totalité de la récolte. N’oublions pas que le mildiou de la pomme de terre a été à l’origine de la grande famine de 1845-1849 en Irlande.


Moyens de lutte : la prévention avant tout

  • Allonger les rotations et détruire les tas de déchets et les repousses pour écarter le risque de contaminations primaires.
  • Choisir des variétés résistantes, qui présentent une moindre sensibilité au mildiou. L’avantage: il est possible de décaler le premier traitement.
  • Intervenir préventivement avec un fongicide efficace. Des modèles informatiques développés par le Service de la protection des végétaux (aujourd’hui SRAL) et Arvalis Institut du végétal permettent d’anticiper le cycle du champignon et d‘alerter les producteurs sur les risques de contamination.
  • Avoir recours au plus vite à un traitement curatif lorsque le mildiou est détecté dans une parcelle.

Nos solutions contre le mildiou de la pomme de terre

Le mildiou du pois de conserve

Le mildiou du pois est provoqué par le champignon Peronospora pisi.


Symptômes

La présence du mildiou se caractérise par un jaunissement de la face supérieure des feuilles, l’apparition d’un duvet gris violacé sur leur face inférieure et d’un mycélium blanc à l’intérieur de la gousse.


Facteurs favorables

Une forte humidité et des températures inférieures à 20°C sont favorables au développement du mildiou du pois. Peronospora pisi se développe aussi sur les parcelles avec une végétation en excès.


Nuisibilité

La présence de grains tachés peut entraîner le refus de la récolte.


Moyens de lutte

Il est possible d’intervenir en préventif contre le mildiou avec un traitement fongicide efficace à partir de 35 jours après le semis. Alterner les modes d’action des produits.

Le mildiou du melon

Le mildiou du melon est dû au champignon Pseudoperonospora cubensis.


Symptômes

Sur la face supérieure des feuilles, le mildiou se manifeste par des tâches anguleuses et huileuses, de couleur jaune pâle puis nécrotiques, délimitées par les nervures. Sur la face inférieure, les tâches huileuses prennent un aspect graisseux. Des fructifications grises à brun violacés sont parfois présentes.


Facteurs favorables

Le mildiou apprécie les hygrométries élevées et supporte également de fortes températures (35-37°c).


Nuisibilité du mildiou

Les fruits ne sont que rarement tâchés, mais leur qualité est, pour la plupart du temps, médiocre.

Nos solutions contre le mildiou du melon

Le mildiou de la tomate

Agent pathogène : Phytophthora infestans


Symptômes

Sur la face supérieure des feuilles, la maladie se manifeste sous forme de taches d’abord humides, brunes, plus ou moins noirâtres, irrégulières qui se développent rapidement. Sur les faces inférieures des feuilles se développe un duvet mycélien blanc qui correspond à la sporulation du champignon. Les tissus foliaires affectés finissent par se dessécher. Des taches brunes à noires humides sont également observées sur tiges et pétioles. Au niveau des fruits, l’attaque concerne uniquement les fruits verts qui lorsqu’ils sont attaqués présentent des bosselures et des marbrures brunes. Les tomates atteintes mûrissent difficilement.


Facteurs favorisants

Pluies et rosées, forte hygrométrie (> 90%), températures comprises entre 10 et 25°C, la proximité de cultures de pomme de terre, les apports d’azote en fin de cycle. Par contre le champignon est détruit par une sécheresse persistante et des températures avoisinant 30°C.

Notre solution contre le mildiou de la tomate

Le mildiou de l'artichaut

Agent pathogène : Bremia lactucae (races différentes de celles qui affectent la laitue)


Symptômes

Les symptômes peuvent être observés sur les feuilles et les bractées des capitules. Sur le feuillage, on observe des taches anguleuses, limitées par les nervures. Elles sont d’abord vert clair ; c’est à ce stade qu’a lieu la sporulation. Elles virent ensuite au jaune avant de se nécroser. Sur les capitules, on observe un brunissement des bractées. Les spores du champignon sont visibles sur la face inférieure des feuilles ou à l’intérieur des bractées, sous la forme d’un feutrage blanc caractéristique.


Facteurs favorisants

Les conditions douces, humides et fréquemment pluvieuses, la présence d’eau libre sur un feuillage particulièrement vigoureux et dense favorise le développement de la maladie.

Notre solution fongicide contre le mildiou du melon

Top