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Les abeilles et l'agriculture
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Comment prendre soin des abeilles tout au long de l’année ?

Le déclin des colonies d’abeilles n’est pas une fatalité. Tout agriculteur peut contribuer à la santé des pollinisateurs présents sur son exploitation. D’abord, en veillant à la qualité de leur alimentation pendant leur période d’activité. Ensuite, en prenant quelques précautions lorsqu’il traite à la floraison. Enfin, en rejoignant un groupe de progrès comme le programme BiodiversID.

Garantir aux pollinisateurs une alimentation abondante et diversifiée

Comme l’a montré une enquête menée par les services sanitaires du ministère de l’Agriculture, la surmortalité des abeilles est principalement due aux parasites et aux maladies. Ces maladies se développent d’autant plus facilement que les abeilles sont affaiblies, ce qui est le cas lorsqu’elle ne trouvent pas assez de nourriture. Ces problèmes de ressources alimentaires peuvent apparaître dans zones marquées par l’uniformisation des paysages ainsi qu’en fin de saison apicole. Tout agriculteur peut donc agir en garantissant aux abeilles et autres pollinisateurs une alimentation abondante et diversifiée tout au long de leur période d’activité. Pour cela, il dispose de plusieurs leviers.


1. Intégrer des cultures mellifères et pollinifères dans ses assolements

  • Colza et moutardes
  • Tournesol
  • Légumineuses fourragères (luzerne, sainfoin, trèfles…) et prairies.
  • Fèves, féveroles, soja…

Autres productions appréciées des abeilles :

  • Arboriculture.
  • Certaines cultures maraîchères : courgette, concombre, melon, pastèque, artichaut, cardon, asperge…
  • Les cultures porte-graines (carottes, choux, oignons…).
  • Les plantes aromatiques et à parfum.
  • Vigne et maïs sont également des espèces butinées par les abeilles dans certaines conditions.


2. Implanter des intercultures mellifères

L’intérêt des intercultures n’est pas seulement agronomique. Certaines peuvent produire du nectar et du pollen au moment où les abeilles domestiques se préparent à l’hivernage, sous réserve d’un semis précoce (avant le 10 août).

 FloraisonPollenNectarAvantages
Sarrasin*40-45 jours14Effet structure, adaptée aux ols pauvres, plante nettoyante
Moutarde brune45-50 jours34Développement rapide, bon piège à nitrates
Moutarde brune50-55 jours34Développement rapide, bon piège à nitrates
Radis chinois/fourrager50-55 jours32Vitesse de couverture
Féverole50-55 jours31Résistance sécheresse, développement rapide
Tournesol (variété précoce)55-60 jours34Prix, esthétique (bonne image agriculture/grand public)
Phacélie60-65 jours45Effet structure du sol, piège pour certains nématodes
Trèfles (Perse, Alexandrie)60-65 jours23Restitution rapide d'azote
Vesce60-65 jours13Résistance sécheresse, vie du sol
Cameline60-65 joursNon disponibleNon disponibleEffet alléopathique, développement rapide, alternative intéressante aux moutardes
Trèfles blanc65-70 jours23Intéressant en interculture s'il est semé sous couvert de la culture précédente
Trèfle incarnat75-80 jours23Interculture longue, système racinaire important

Note sur 5 présentant l'intérêt des espèces végétales pour les apports en pollen et en nectar.

* Attention cependant aux repousses de sarrasin en fonction des cultures suivantes

« Sarrasin méliffère, bourrache, trèfle blanc, trèfle violet vont permettre d’étager sur la période difficile de l’après colza jusqu’aux mois d’août/septembre un apport en protéines et ressources pour nos abeilles » Antoine Bouillet, Syndicat apicole de la Mayenne.

3. Semer des jachères apicoles

Les jachères sont dites apicoles ou mellifères lorsqu’elles sont semées avec des mélanges floraux spécifiques. L’objectif est de produire du pollen de qualité et du nectar en quantité à la fin du printemps et au début de l’été.

Les mélanges commercialisés par les différents semenciers sont principalement composés de légumineuses (sainfoin, trèfle violet, mélilot, etc.), souvent accompagnées d’espèces annuelles comme la phacélie.

Certains mélanges sont destinés plus spécialement aux abeilles domestiques, d’autres visent l’ensemble des insectes pollinisateurs. Depuis le 1er janvier 2018, les jachères apicoles sont intégrées dans le calcul des surfaces d’intérêt écologique (SIE) avec un coefficient de 1,5. Autrement dit, 1 ha de jachères apicoles équivaut à 1,5 ha de SIE.


Plus d’informations sur le site du Réseau biodiversité pour les abeilles


« Les jachères apicoles sont des oasis de biodiversité où les abeilles peuvent butiner un pollen et un nectar de qualité, en quantité et d'origines diversifiées. Bien alimentées, les abeilles sont plus résistantes. Leurs défenses immunitaires leurs permettent de mieux faire face aux parasites, aux virus et aux pathologies. »

Philippe Lecompte, président du Réseau biodiversité pour les abeilles.

Le mois de juin représente souvent un mois de disette pour les abeilles. La solution : un travail commun avec les agriculteurs qui se traduit pas le semi de bandes mellifères qui permettent de nourrir les abeilles au moment même où elles en ont le plus besoin.


4. Planter des haies avec des espèces nectarifères

Certains arbres et arbustes fournissent des floraisons d’excellentes qualité pour les abeilles de février-mars (saule, noisetier, aulne…) à juillet-août (tilleul, sureau, châtaignier…). Ils pourront être choisis pour reconstituer des haies sur l’exploitation.

Traitements phytosanitaires : les bonnes pratiques à respecter au moment de la floraison

L'arrêté du 20 novembre 2021 relatif à la protection des abeilles et des autres insectes pollinisateurs et à la préservation des services de pollinisation lors de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques vient remplacer la précédente réglementation datant de 2003.

L’utilisation des produits phytopharmaceutiques est interdite sur les cultures attractives lorsqu’elles sont en floraison et sur les zones de butinage. Toutefois, si l’évaluation des risques réalisée par l’Anses conclut que l’utilisation entraîne une exposition négligeable des abeilles ou ne provoque pas d’effet inacceptable, aigu ou chronique, sur les abeilles ni d’effet sur la survie et le développement des colonies, l’utilisation du produit peut être autorisée sur la culture attractive correspondante lorsqu’elle est en floraison et sur les zones de butinages. L’application doit alors être réalisée dans les 2 heures qui précèdent le coucher du soleil et dans les 3 heures qui suivent le coucher du soleil.

Cette période d’application peut être modifiée dans les cas suivants :

  • si, en raison de l’activité exclusivement diurne des bio-agresseurs, le traitement réalisé au cours de la période définie à l’article 3 ne permet pas d’assurer une protection efficace de la culture traitée ;
  • si, compte tenu du développement d’une maladie, l’efficacité d’un traitement fongicide est conditionnée par sa réalisation dans un délai contraint incompatible avec la période prévue à l’article 3 ;


Recommandations

  • Raisonner l'intérêt d'un traitement en fonction de la pression des parasites.
  • Respecter un délai de 24 heures entre un traitement pyréthrinoïde et un traitement triazole-imidazole. Toujours commencer par le pyréthrinoïde.
  • Les traitements en mélange de ces deux familles sont interdits.

Précautions à respecter avant de traiter

  • Bien lire les étiquettes et respecter les usages et doses.
  • Vérifier le réglage du pulvérisateur.
  • Lorsqu'un couvert végétal présent sous une culture pérenne constitue une zone de butinage, le rendre non attractif pour les pollinisateurs préalablement à tout traitement.

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