"Il y a quinze ans on ne parlait pas de ray-grass, aujourd'hui, il y a des endroits où les traitements herbicides ne fonctionnent plus." Marc Levreux, betteravier (27), a pour stratégie d'utiliser un maximum de leviers et d'optimiser les traitements. "On met la dose autorisée, jamais moins."
Désherbage de la betterave
La betterave est particulièrement sensible à la concurrence des adventices, du semis jusqu'à la couverture du sol. Graminées comme le ray-grass et le vulpin, dicotylédones comme les chénopodes, les renouées ou les ombellifères : chaque parcelle a sa flore, et les situations de résistance rendent le choix des solutions encore plus stratégique. Réussir son désherbage betterave, c'est enchaîner les bons réflexes au bon moment : diagnostiquer la parcelle, activer les leviers agronomiques, choisir sa stratégie, réussir la pré-levée, puis optimiser la post-levée.
5 étapes clés pour un désherbage betterave réussi
1. Diagnostiquer la parcelle et identifier les adventices cibles
Un désherbage efficace commence par un état des lieux, parcelle par parcelle. L'historique de la rotation, les précédents observés et les zones les plus infestées vous indiquent quelles adventices s'installent durablement. Ce sont elles qui deviendront vos cibles dès la première culture de la rotation. Les principales adventices de la betterave se répartissent en deux grandes familles :
- Les dicots : chénopodes, renouées, matricaires, mercuriales, gaillet, mais aussi les ombellifères comme l'ammi élevé et l'éthuse, particulièrement concurrentielles pour la culture.
- Les graminées : ray-grass et vulpin, dont la gestion demande d'adapter la stratégie à la pression et aux situations de résistance.
En cas de flore très diversifiée, définissez des priorités de lutte : c'est ce diagnostic qui orientera vos choix aux étapes suivantes.
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2. Activer les leviers agronomiques
Avant tout traitement, les pratiques agronomiques sont votre première ligne de défense contre les adventices. Bien utilisées, elles limitent leur développement et allègent la pression à gérer en désherbage, en pré-levée comme en post-levée. Trois leviers sont particulièrement efficaces en betterave :
- La rotation des cultures : alterner cultures d'hiver et cultures de printemps perturbe le cycle des adventices et les empêche de s'installer durablement dans vos parcelles.
- Le labour : réalisé tous les trois ou quatre ans, il enfouit le stock semencier superficiel. C'est une pratique efficace sur les graines à faible durée de vie, comme celles des graminées (vulpin, ray-grass).
- Le faux semis : il favorise la levée des adventices, qui sont ensuite détruites avant le semis de votre betterave. C'est un levier de choix en cas d'infestation de graminées. En betterave, il se réalise par des déchaumages superficiels dès la récolte du précédent (le plus souvent un blé), en deux ou trois passages espacés de trois semaines, avant la mi-septembre.
Plus vous activez ces leviers en amont, plus votre programme de désherbage gagne en efficacité.
3. Choisir sa stratégie de désherbage
La betterave est particulièrement sensible à la concurrence des adventices pendant la période qui va du semis à la couverture du sol. Votre stratégie de désherbage doit donc être pensée dès le départ, en fonction du diagnostic réalisé sur votre parcelle. Pour cela, on a le choix entre deux stratégies :
- soit des interventions en post-levée uniquement
- soit une intervention en pré-levée suivie de plusieurs passages en post-levée. Cette seconde stratégie est particulièrement justifiée en présence de flore difficile (ammi élevé, ethuse, gaillet, renouée liseron, matricaire, etc.).
Le désherbage chimique pourra être complété par un désherbage mécanique pour venir à bout d’adventices difficiles à contrôler par les herbicides chimiques et/ou pour réduire la quantité de produits utilisée. Il est utile pour venir à bout des adventices difficiles à contrôler par les herbicides (comme les repousses de pomme de terre ou la betterave adventice),parfaire le travail du sol, et réduire la quantité de produits utilisés.
Ce désherbage mécanique connaît un regain d’intérêt à l’heure du plan Ecophyto et des incitations à réduire l’usage des herbicides. Il est utilisé en complément du désherbage chimique. Il fait appel à différents types de matériels (bineuse à moulinets, houe rotative, herse étrille, désherbineuse).
Attention : le désherbage mécanique ne peut s’effectuer qu’entre les stades 4 et 12 feuilles de la betterave, sous peine de dégâts.
4. Réussir la pré-levée
Le désherbage en pré-levée présente plusieurs avantages. D’abord, il permet de contrôler précocement les adventicesavant même qu’elles ne concurrencent la culture. C'est aussi le meilleur moyen de venir à bout de l'ammi élevé (Ammi majus), une ombellifère très concurrentielle parmi les dicots de la betterave.
Ensuite, il sécurise le désherbage : vous gagnez en souplesse pour positionner le premier passage de post-levée, ce qui est précieux quand les conditions pédoclimatiques sont difficiles. Pour qu’il soit efficace, le désherbage de pré-levée nécessite certaines conditions :
- Un sol propre et bien préparé : pas d'adventices déjà levées ni de grosses mottes.
- Un sol humide au moment du traitement, et de la pluie dans les 10 jours qui suivent l’application : indispensable pour une bonne efficacité avec les produits racinaires utilisés en pré-levée.
- Une application rapide après le semis, 48 heures maximum : obligatoire pour garantir la sélectivité de la culture.
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5. Optimiser la post-levée
La post-levée est l'étape qui fait la différence : c'est celle qui garde votre parcelle propre jusqu'à la couverture du sol. Le premier traitement de post-levée intervient deux ou trois semaines après le semis, quand 70 % de vos betteraves sont levées. Adaptez les produits de votre mélange à la flore présente et à sa densité : de 2 à 6 produits selon les situations.
Renouvelez ensuite le traitement après 6 à 10 jours, selon les conditions climatiques et la levée des adventices. Le meilleur moment pour intervenir est le stade cotylédons de l'adventice. Poursuivez les applications jusqu'à ce que vos betteraves couvrent 70 % du sol.
Sur graminées, la gestion du ray-grass et du vulpin nécessite d'adapter la stratégie selon la pression et les situations de résistance. Isard® et Stratos® Ultra permettent de construire des programmes efficaces. Sur dicots, la maîtrise des chénopodes, renouées et ombellifères peut être engagée dès les premiers stades, avec Kezuro® , seul ou en association avec Okido® .
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La gestion des graminées comme le ray-grass et le vulpin nécessite d’adapter la stratégie selon la pression et les situations de résistance. Les solutions Isard® et Stratos® Ultra permettent de construire des programmes efficaces, combinant interventions racinaires et foliaires.
En parallèle, la maîtrise des dicotylédones telles que les chénopodes, renouées et ombellifères doit être engagée dès les premiers stades avec des solutions comme Kezuro®, seul ou en association avec Okido®.