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Confusion sexuelle : un biocontrôle efficace… et convivial

Qu’elle soit utilisée depuis 20 ans en Champagne et à Bordeaux ou plus récemment dans l’Hérault, la confusion sexuelle a fait les preuves de son efficacité. Tout en préservant la faune auxiliaire des vignes. Et en œuvrant pour une approche collective. Retrouvons les témoignages des quatre vignerons de notre web-série sur le biocontrôle.

En vidéo. Comment lutter contre les vers de la grappe ? Des vignerons témoignent de leur utilisation du biocontrôle via la confusion sexuelle.

En Podcast. Comment mettre en place la confusion sexuelle dans son vignoble ?

En Champagne, plus d’un hectare sur deux est confusé. Christophe Martin coordonne la mise en place des Rak sur le secteur d’Avize et Oiry où il est installé : avec ses collègues, il doit contacter plus de 100 viticulteurs pour organiser la pose sur plus de 3 000 parcelles ! « C’est beaucoup de travail pour organiser, mais cela fonctionne très bien et il y a de bons moments de convivialité lorsque l’on pose », résume le vigneron : une demi-journée, avec plus de 120 personnes … et un bon casse-croûte à la fin. Les Rak seront retirés lors de la taille, pour être collectés chez les fournisseurs. Pour Christophe Martin, la confusion sexuelle constitue une solution très efficace face à la pression montante d’eudémis, apparue en Champagne il y a une vingtaine d’années. « Et cela, sans désorganiser la faune des vignes. »


Diminuer les traitements insecticides

Préserver l’équilibre dans ses vignes fait également partie des préoccupations de Stéphane Montariol. Installé près de Béziers, sur le bassin versant de l’Orb-Libron, il a connu la technique de la confusion sexuelle durant des réunions consacrées aux mesures agro-environnementales (MAE). La subvention a été une aide à la décision, mais le vigneron souhaitait diminuer les traitements insecticides. « Avec trois traitements obligatoires contre la flavescence dorée et une à trois générations d’eudémis, avec des dates et des produits pas forcément identiques, je craignais de voir remonter les populations d’araignées rouges », explique-t-il. Il a, depuis, intégré la confusion sexuelle sur l’intégralité de son exploitation, en collaboration avec ses voisins pour créer des îlots cohérents. Avec de bons résultats.


La coordination avec ses voisins et un bon maillage sur le terrain font partie des facteurs de réussite de la confusion sexuelle, confirme Jean-Charles Nabera-Sartoulet. En Haut-Médoc, le chef de culture fait appel aux Rak depuis les années 2000, sur les 110 ha d’un seul tenant du Château Beaumont. Durant quelques années, il avait pourtant dû recourir aux traitements insecticides sur les bordures, car ses voisins n’utilisaient pas cette méthode. Un problème aujourd’hui résolu : « les ODG* ont poussé pour mettre en place la confusion sexuelle, car c’est une méthode facile à mettre en place pour limiter les insecticides. Maintenant, cela fonctionne très bien et tout le monde est très content de ce système ».


Des gains de rendements dès la première année

Tout comme Thomas Olmos, vigneron coopérateur près de Narbonne. D’abord réticent face au travail de mise en place des diffuseurs et au coût qui venait s’ajouter à celui des traitements obligatoires contre la flavescence dorée, il est désormais convaincu. Dans son secteur, la pression de l’eudémis est très forte. Elle lui coûte 20 à 30 % de sa récolte, chaque année, malgré les traitements insecticides. « J’ai essayé la confusion sexuelle il y a deux ans et cela a été une grande réussite », indique-t-il. À tel point qu’il regrette de ne pas avoir essayé plus tôt ! Il a gagné 20 à 25 hl/ha de rendement dès la première année. Avec son père et ses voisins, également convaincus, ils déploient actuellement la confusion sur une petite centaine d’hectares.

*ODG : organismes de gestion des appellations.

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