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En finir avec le populisme scientifique

1 mai 2018

Bien qu’infondées sur le plan scientifique, les récentes attaques contre les fongicides de la famille des SDHI ont été largement reprises par certains médias, associations environnementalistes et certains politiques. Cette nouvelle manifestation de l’agribashing ambiant montre, s’il en était besoin, la nécessité de promouvoir et reconquérir une culture scientifique générale.

Après les insecticides (néonicotinoïdes), les herbicides (glyphosate), c’est au tour des fongicides de faire l’objet d’attaques infondées de la part des marchands de peur patentés. Dans une tribune publiée le 15 avril dans le quotidien Libération, des chercheurs (en mal de notoriété?) s’en prennent aux SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase), famille de fongicides largement utilisée dans la protection des cultures contre les maladies. Ils estiment que les SDHI pourraient avoir potentiellement des effets néfastes sur la santé humaine et appellent à en « suspendre l'utilisation tant qu'une estimation des dangers et des risques n'aura pas été réalisée par des organismes publics indépendants des industriels distribuant ces composés et des agences ayant précédemment donné les autorisations de mise sur le marché des SDHI ». Appel aussitôt repris par l’association environnementaliste Générations futures, qui a demandé « le réexamen en urgence de l’évaluation des fongicides SDHI ainsi qu’une suspension immédiate de leurs autorisations ».

On ne peut qu’être consterné par cette nouvelle expression du populisme scientifique qui gangrène notre société. Comme nous l’avons indiqué dans un communiqué , les « lanceurs d’alerte » n’apportent en réalité aucune donnée nouvelle permettant de remettre en cause la sécurité des SDHI. Les mécanismes d'action de cette classe de fongicide ont été méticuleusement analysés, comme l’a rappelé l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses): « Pour l'instant, l'évaluation scientifique des risques liés à l'usage de ces produits, qui prend en compte le mécanisme d'action, conclut à une absence de risque inacceptable. Et nous n'avons pas à ce stade d'éléments pour les interdire ou les suspendre sur la base d'hypothèses tirées de leur mécanisme d'action. » Néanmoins, pour couper court à la polémique, l’Anses a décidé de créer un groupe d’experts chargés d’examiner les éléments évoqués par les auteurs de la tribune. Pas sûr que cela suffise à faire taire les activistes qui remettent régulièrement en cause l’impartialité de l’agence… quand elle ne va pas dans leur sens.

Quelques jours plus tard, le gouvernement publiait son « plan d'actions sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides », suscitant déception et colère de la profession. La FNSEA n’y a vu qu’« une litanie d’interdictions et autres charges supplémentaires pour les paysans Français ». De fait, ce plan fait fi des propositions contenues dans son Contrat de solutions et traduit une méconnaissance évidente des réalités agricoles. « Quand le gouvernement décidera-t-il de saisir notre main tendue? », se demande le syndicat agricole. Une question qui sonne comme un avertissement, alors que de nombreux corps intermédiaires expriment leur mécontentement face à la méthode de concertation du gouvernement.

A l’heure des fake news et de la désinformation, il est plus que jamais nécessaire de renouer un dialogue direct avec les citoyens et les consommateurs. C’est à ce défi que tente de répondre le monde agricole. Ainsi, l’Union des industriels de la protection des plantes (UIPP), qui fête son centenaire cette année, a décidé de faire œuvre de pédagogie en ouvrant un espace en plein cœur de la capitale. Du 14 au 27 mai, la Cité du Siècle vert invite le grand public à découvrir, à travers un parcours à la fois historique, scientifique et citoyen, un siècle de progrès au service d’une agriculture performante et d’une alimentation sûre. Une occasion d’en finir avec quelques idées reçues…

Ne nous y trompons pas, l’agriculture fait partie des enjeux majeurs des années à venir. D’elle dépend, la capacité du monde à nourrir sa population. Elle doit drainer talents et investissements. C’est la conviction de BASF, qui vient de signer un accord pour l’acquisition d’actifs supplémentaires de la société Bayer . Portant sur une société de semences potagères, des activités de traitement de semence et des plateformes de recherche et développement, cet accord vient compléter l’accord signé en octobre 2017. « En élargissant notre portefeuille aux semences, à la protection phytosanitaire conventionnelle et biologique des cultures, à la santé des sols et des végétaux, à l’agriculture numérique, nous aurons encore plus d’outils pour aider les agriculteurs », s’est félicité Markus Heldt, président de la division BASF Crop Protection. Avec un montant combiné de 7,6 milliards d’euros, cette transaction représente l’investissement le plus important réalisé à ce jour par le groupe BASF. Il est la preuve que notre groupe croit fermement à l’agriculture. Alors que les acteurs mondiaux de l’agrochimie se sont mis en ordre de marche pour relever les défis de l’agriculture de demain, il serait dommageable que la France leur envoie un mauvais signal…

Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement, conformément aux principes de la protection intégrée, consultez ​http://agriculture.gouv.fr/ecophyto.

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