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Quand le pragmatisme l’emporte sur l’idéologie

3 nov. 2020

Un ministre de l’agriculture qui gagne ses arbitrages, une future PAC qui rétablit les conditions d’une concurrence équitable, l’engagement des industries de la protection des plantes en faveur du Green Deal : autant de lueurs d’espoir pour notre filière.


« Vous êtes dans une écologie de l'incantation, de la contre-vérité et de la diffamation ! » « A tous les apôtres de l’incantation, qui s’opposent à la PAC depuis leur salon, je demande : dans quel secteur d’activité avons-nous une telle transition environnementale ? Oui, c’est bien dans l’agriculture ! Alors soyons fiers et soutenons nos agriculteurs. » On ne va pas se mentir, le coup de gueule de Julien Denormandie au Sénat à la suite de la prise de parole du président du groupe EELV a fait un bien fou aux agriculteurs ! Un ministre de l’Agriculture qui se met en colère contre ceux qui se sont fait une spécialité de dénigrer les pratiques des agriculteurs et qui rappelle tous les efforts qu’ils ont déjà accomplis, on attendait cela depuis longtemps !


L’attitude du jeune ministre de l’Agriculture rallume une lueur d’espoir chez tous les acteurs de notre secteur. Utilisation dérogatoire et temporaire des néonicotinoïdes sur betteraves, plan de sortie partielle du glyphosate, PAC à même de soutenir les agriculteurs dans leurs mutations : depuis quelques semaines, le pragmatisme semble prendre le dessus sur l’idéologie. Le sujet de la souveraineté alimentaire de notre pays a remis l’agriculture au centre du jeu. Dans ce contexte, il est clair que la transition agroécologique, dans laquelle le monde agricole s’est engagé avec détermination, ne peut se faire au détriment de la performance économique et du revenu des agriculteurs. « Cela impose […] que le temps de la transition soit compatible avec celui de la souveraineté », résume Julien Denormandie dans une récente interview au quotidien L’Opinion.


Ce réalisme, on le retrouve aussi dans l’accord intervenu le 21 octobre entre les ministres de l’agriculture de l’Union européenne sur la politique agricole commune (PAC). Un accord « équilibré » pour Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA , qui estime que « les visions extrêmes ont été éliminées » et qui salue « le rôle déterminant de la France, qui a su rassembler et convaincre sur un horizon commun pour la PAC. » Ministres et parlementaires sont donc désormais d’accord pour relancer une véritable politique commune d’ici à 2023, notamment à travers les éco-régimes rendus obligatoires (chaque État devra y consacrer au moins 20% des paiements directs de l’Union) et une application uniforme de la conditionnalité des aides dans les États membres. On peut ainsi espérer, comme l’a affirmé Julien Denormandie, que la future PAC garantisse « une compétition plus juste au sein du marché commun ». Le compromis trouvé montre en tout cas qu’il est possible de concilier les dimensions économique et environnementale de l’agriculture.


C’est aussi la vision de l’industrie européenne de la protection des plantes (représentée par l’ECPA) qui vient de s’engager résolument en faveur du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal ). Ses engagements se déclinent selon trois axes :

  • Innovation et investissement. L’ECPA prévoit d’investir 10 milliards d’euros dans l'innovation et le déploiement d'outils numériques et de précision et 4 milliards d’euros en faveur des biopesticides d’ici à 2030.

  • Économie circulaire. Notre industrie s’engage à collecter 75% des contenants de produits phytosanitaires plastiques d'ici à 2025 et à créer des systèmes de collecte dans les pays de l’UE qui n’en possèdent pas.

  • Protection de la population et de l'environnement. L’ECPA va contribuer à la formation des agriculteurs dans des domaines comme la lutte phytosanitaire intégrée, la protection de la ressource en eaux et l'importance des équipements de protection individuelle (EPI).

Dans quelques jours, BASF Agriculture Solutions fera à son tour des annonces importantes concernant la mise en œuvre de sa feuille de route pour une agriculture durable à l’horizon 2030. Nous vous en reparlons le mois prochain.

Alors que notre pays aborde une nouvelle phase de confinement, notre filière, de l’amont à l’aval, a assuré qu’elle ne ménagerait pas ses efforts pour permettre à la chaîne alimentaire de fonctionner normalement et d’éviter toute rupture d’approvisionnement. Au même moment, les appels à consommer une alimentation française et de proximité se multiplient. Nul doute qu’ils contribueront à rapprocher un peu plus les Français de leurs producteurs.

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